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Grande Loge Souveraine de France 
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historique de la sot

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L’histoire de la Stricte Observance Templière est indissociable de la vie de Charles de Hund, son concepteur, à tel point que l’épopée de l’une se confond en tout point avec le récit de l’autre. 

Fils de Joachim-Hildebrand, chambellan du roi de Pologne, Electeur de Saxe, et Sophia-Elisabeth von Wehen, Charles de Hund est né le 22 septembre 1722 à Manua (Mönau), Haute Lusace, au nord-est de l’Allemagne actuelle. Orphelin de ses deux parents à l’âge de 15 ans, il est placé sous la tutelle du lieutenant-colonel Wolf-Christian von Schönberg. 

Francfort
Suite au décès de Charles VI, le désormais baron Charles de Hund et Altengrotkau, seigneur de ses terres et chambellan de S.A.S l’Electeur de Cologne, est convoqué à Francfort par la Diète, dans le cadre de l’élection du nouvel Empereur. Finalisant des échanges positifs, Charles de Hund est reçu Franc-maçon, en Grande Loge, le 18 octobre 1741. Le comte Franz-Joseph-Bonaventura von Schönborn, Conseiller privé de S.M.I. le prince Auguste de Baden est au maillet, le prince Georges de Hesse-Darmstadt étant Surveillant. Les parrains de Hund sont le prince Frédéric de Hesse-Darmstadt, le prince Charles-Auguste de Nassau-Welberg et le comte Johann-Julius von Vieth, conseiller des guerres et maître en chaire de la Loge Les Trois Glaives à Dresde. Charles de Hund est reçu Compagnon le même jour. Nommé chambellan de l’Electeur de Saxe, comme son père jadis, Hund assiste, le 26 février 1742, au couronnement de l’Empereur Charles VII. 

Gand et Bruxelles 
Le 21 juillet 1742, Charles de Hund est reçu Maître dans la Loge Les Trois Roses, le maillet étant tenu par M. Maurice Bocland. La même année, à Bruxelles, il est fait Maître Ecossais au sein de la Loge L’Arbre Rompu, dont le duc d’Albemarle est Vénérable. Il y remplit les fonctions de second puis premier surveillant. En cette occasion, Hund prend le surnom de Chevalier de l’Epée, qu’il conservera jusqu’à sa mort, puis sera crée Maçon Sapant, grade inspiré du rituel du « quarré » qui, œuvrant à la manière de terrassiers ou de mineurs, tentent de dégager l’ouverture de la Voute Sacrée (Royal Arch) sous l’ancien temple de Jérusalem. Ce grade de Maçon Sapant étant, à l’époque, l’étape ultime avant la qualification « templière ». 

Paris 
Le 12 décembre 1742, il est reçu au sein de la Loge Les Trois Compas en qualité de premier surveillant. Le 3 janvier 1743, Hund est élu Vénérable de cette Loge parisienne, qu’il rebaptisera, dès le 6 janvier, La Loge Etrangère. C’est aussi au cours de ce mois de janvier 1743 que Charles de Hund est promu à la chevalerie templière par Lord James Kilmarnock, fils de William Boyd, 4ème comte de Kilmarnock, Grand Maître de la Grande Loge d’Ecosse depuis le 30 novembre 1742, Jacques-Clément Radcliffe, fils du comte Charles Radcliffe of Derwentwater, et Hugh Clifford, fils ainé du 3ème baron Clifford de Chudleigh. Les rituels usités furent ceux de la Voute Sacrée (Royal Arch) et de Rose+Croix, non sous la forme d’une Loge, mais d’un Chapitre. 

L’Ordre de la Restauration 
A l’instar de nombreux souverains qui, de l’Ordre de saint Michel à celui de la Jarretière, ont souhaité marquer leur temps par la constitution d’un ordre chevaleresque, Jacques III, dans le cadre de la reconquête de son royaume perdu par Jacques Stuart, VII d'Écosse et II d'Angleterre suite à la Glorieuse Révolution de 1688, projette, en 1722, la création de l’Ordre de la Restauration. Jacques III confie cette tâche au duc de Mar, qui devient le premier Grand Maître de ces chevaliers. Lesdits chevaliers revendiquant l’héritage intellectuel et culturel de l’ancien Ordre du Temple, dans le sens où les analogies avec la reconstruction du temple de Jérusalem entrent en résonnance avec la volonté de replacer la dynastie Stuart sur les trônes britanniques. L’Ordre de la Restauration est la matrice historique de l’Ecossisme qui, avec les rituels du Quarré, de la Voute Sacrée (Royal Arch), du Maçon Libre (Chevalier de l’Epée), du Rose+Croix et du Chevalier Elu, sont les bases fondamentales dans lesquelles Charles de Hund conceptualisera la Stricte Observance Templière. 

1751 
C’est en cette année décisive que le baron de Hund reçoit, sous la forme de la célèbre mais néanmoins authentique patente cryptée, le pouvoir d’édifier l’Ordre en Allemagne et plus particulièrement la restauration de la VIIème province templière, « Entre l’Elbe et l’Oder », recoupant plus ou moins l’ancienne province de l’Ordre du Temple. Ce pouvoir est conféré par Georges Keith, Chevalier au Soleil d’Or, comte Marishal et auteur de la patente, et son frère cadet, James, Chevalier de la Planche à Tracer, maréchal de camp dans l’armée prussienne. Pour ce faire, Hund réceptionne en son domaine de Kittlizt Robert Keith of Ludquhairn, cousin des précédents, qui procède à son installation. Portant le titre de Chevalier à l’Etoile Flamboyante, Robert Keith veille à ce que les formes et les buts de cette mise en œuvre soient respectés car, depuis la défaite de Culloden en 1746, l’Ordre de la Restauration se voile plus que jamais derrière l’héritage intellectuel et culturel de l’antique Ordre du Temple. Le 24 juin, Hund crée sa Loge personnelle en son château, Aux Trois Colonnes et, au mois d’août, fort de sa patente, il y souche un Chapitre templier. 

1754 
Le système allemand de Stricte Observance se met en place et les premiers Maîtres Ecossais sont reçus Novices au sein du chapitre fondé par Hund trois ans plus tôt, le tableau du grade de Novice étant les armes de la province. Dans le même temps, plus précisément dès 1752, le lyonnais Jean-Baptiste Willermoz pratique un système français, ayant pour quatrième grade le Maçon Libre (Chevalier de l’Epée), puis plus tard, le cinquième grade de Rose+Croix, travaillés tout deux au sein du chapitre dit de « L’Aigle Noir ». Le « Rituel pour la constitution d’une Loge régulière », ayant pour personnage principal le grand maître de l’Ordre, ou son député, indique « par le pouvoir que j’ai reçu, moi grand maître Ecossais, Chevalier de l’Epée (Maçon Libre) et de Rose+Croix, je te constitue maître de cette loge, avec plein pouvoir et autorité sur icelle, et sur ses membres, pour cette année seulement. » La seconde province templière dite « d’Auvergne » est ainsi en cours de gestation. De son côté, Hund rédige les statuts et le règlement de l’Ordre, qui, notamment, participent à donner plus tard au système son nom définitif, certains points des statuts étant en effet annotés comme devant être respectés « de stricte observance » (ici), l’adjectif « templière » sera apporté par le baron von Weiler, se présentant ainsi : « F. Aug. a Spica aurea Sec. S.O.T., Eq Prof., Pro tempore VII prov. visit. », c'est-à-dire Frère Auguste de l’épi d’or, Secrétaire de la Stricte Observance Templière, Chevalier Profès, visiteur pro tempore de la septième Province. Le préambule du règlement est une citation de l’Enéide (Livre XI, 425), allusion à peine voilée aux tribulations de l’Ordre : « Plus d’une fois le temps, dont tant de vicissitudes marquent le cours, a produit des changements heureux ; plus d’une fois la Fortune, visitant et fuyant tour à tour les hommes, s’est jouée d’eux, puis les a remis en lieu sûr. » Au même titre que les maçons jacobites avaient pour Orient virtuel la ville d’Edimbourg, Hund installera le siège spirituel de l’Ordre à Sonnenburg (Ünwurde en réalité), ville allemande ayant abrité une commanderie templière, actant ainsi un peu plus l’évolution de l’Ordre d’une position politique Stuartiste vers une volonté de restauration intellectuelle et culturelle de l’Ordre du Temple. 

1772 - Kohlo 
1772 marque, en quelque sorte, l’apogée de la SOT historique et, de fait, le début de son déclin, dû, de manière concomitante, au « plan financier » visant la « réappropriation des biens du Temple » d’un côté, et à « l’ésotérisme chrétien » de Johann August von Starck de l’autre. L’idée de l’héritage intellectuel et culturel de l’Ordre du Temple s’éloigne pour un temps… Organisé à Kohlo, aujourd’hui en Pologne, sur les terres du comte Aloysius-Friedrich von Brühl, officier d’artillerie, c’est entre le 4 et le 24 juin 1772, en présence des députés de plus de 300 loges, que se tient ce convent de la SOT, qui établit un protocole d’union entre deux visions de la maçonnerie templière, celle chevaleresque de Hund et le « cléricat templier » de Starck. Cette union est scellée autour d’un texte, le Pactum fundamentale. C’est aussi au cours de ce convent que sera définitivement abandonnée la légende des « supérieurs inconnus », qui n’ont d’inconnus que le nom, puisque lesdits « inconnus » sont Georges, James et Robert Keith. En ce sens sera nommé Grand Maître de l’Ordre le duc Ferdinand de Brunswick. Ce convent est positivement perçu par les Frères français et plusieurs loges, notamment de Strasbourg et Lyon, sollicitent un rapprochement avec Hund, aboutissant à la restauration des Vème et IIème provinces de l’Ordre, à savoir la Bourgogne et l’Auvergne, respectivement dirigées par le baron Siegfried-Sanson de Landsperg et Jean-Baptiste Willermoz. Leur décret de nomination, remis par von Weiler, étant de la main Hund lui-même. La IIIème province d’Occitanie, avec à sa tête Jean-Baptiste-Dieudonné Petit de Boulard, est rapidement restaurée à la suite des deux précédentes et la VIIIème province de Haute-Allemagne, notamment en Italie, frappe à la porte. Très tôt cependant, des doutes assaillent les Frères français, notamment sur le caractère aristocratique « de naissance » de l’Ordre, mettant de côté l’aspect méritant de ses membres n’appartenant pas à la noblesse, mais aussi le « plan financier » visant la réappropriation des biens du Temple, tout comme le « cléricat templier », dont l’opacité n’a d’égale que l’absence de réponses claires sur l’origine et les buts dudit cléricat. De plus, la question de la hiérarchie des grades et de la cohérence à respecter dans leur enchainement reste posée. 

1775 - Brunswick 
Tenu du 23 mai au 6 juillet 1775, le convent du Brunswick ne fait qu’accentuer les interrogations légitimes des Frères ayant à cœur l’esprit de l’Ordre ayant prévalu de 1751 à 1772, à savoir l’héritage intellectuel et culturel de l’antique Ordre du Temple et sa restauration, sinon légitime, tout du moins cohérente et pertinente. Ainsi la mystagonie et autre ésotérisme alchimique des « clercs », incapables d’expliciter clairement et de manière factuelle d’où proviennent leurs « connaissances », confinent au charlatanisme occultiste. Et dire que les échanges autour du grade de Maître Ecossais furent vifs est un euphémisme… En effet, quelle pertinence à travailler un grade qui, trente ans après la défaite de Culloden, fait référence à une restauration Stuartiste plus qu’improbable ? Et quelle cohérence dans le système peut avoir ce rituel du 4ème grade, qui explique que le candidat est libéré « du joug de la maçonnerie symbolique » ? Le questionnement porte aussi sur le 5ème grade, celui de Novice, qui doit apporter « des notions très claires sur l’Ordre ». Lesquelles ? nul ne le sait… Et même le 6ème et dernier grade, Chevalier du Temple, interpelle. Chevalier, oui, du Temple, d’accord, mais pour quoi faire ? Glissement sémantique aussi, puisque dès le lendemain du convent de Kohlo, l’appellation Régime Ecossais Rectifié supplante de plus en plus celui de Stricte Observance Templière, à tel point que sur les rituels lyonnais de 1775, le terme « du Temple » accompagnant Chevalier est rayé et remplacé par « Ecossais » (ici). Pour finir, quelle pertinence y a-t-il à prétendre, dès l’admission au sein de l’Ordre Intérieur dont la véritable appellation est d’ailleurs Directoire Ecossais, sortir de la Franc-maçonnerie, alors que l’ensemble du système est indissociable de l’institution maçonnique et se pratique entièrement en son sein ? 

1776 
Le 8 novembre 1776 Karl Gotthelf, baron von Hund und Altengrotkau décède à Meiningen, comme l’indique la chronique municipale : « L’an 1776 et le 8ème jour de novembre, à la première heure du matin, trépassa très pieusement dans le Seigneur, muni de tous les sacrements, le très illustre, très noble, généreux et aimé seigneur Carl Gotthelf, baron de Hund et d’Alten-Grottkau, conseiller d’Etat de sa majesté impériale, conseiller privé du Tsar de Russie, titulaire de l’Ordre russe de Sainte-Anne, le chevalier de l’épée, seigneur généreux de Lipsa, Manau et Luntenbeerwalde en Oberlausitz ».

 1778 et après… 
Au lendemain du convent de Brunswick, le Grand Orient de France, alors en quête de stabilité, entame un rapprochement avec les trois provinces françaises de la SOT, ainsi il est annoncé que « le G.O. de F[ran]ce reconnaitrait aussi pour réguliers les loges de France qui, pourvues de constitutions étrangères, se réuniraient à lui par la voie d’affiliation ou d’agrégation » (Fonds Willermoz, 5480). De manière concomitante, Willermoz poursuit, en quelque sorte, la réforme de la réforme entreprise par la SOT mais, malheureusement, au lieu de revenir à l’esprit qui a prévalu entre 1751 et 1772, à savoir l’héritage intellectuel et culturel de l’antique Ordre du Temple, celui-ci va choisir une énième voie ésotériste ; ainsi Martinès de Pasqually remplace Starck, le « traité sur la réintégration des êtres » supplante la mystagonie et la Stricte Observance Templière devient l’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte. Le convent des Gaules de 1778 posera le principe de cette réforme, définitivement actée en 1782, lors du convent de Wilhelmsbad. Le duc de Sudermanie, nommé Grand Maître de la VIIème province à la suite de Hund, sera proclamé roi de Suède sous le nom de Charles XIII, entrainant une partie des effectifs de la SOT vers le système suédois. Une troisième partie des Frères, allemands, souhaitera restée fidèle à la SOT de Hund. Ainsi, tiraillée entre trois tendances, l’union avec le G.O. français, le système suédois et celui allemand, la Stricte Observance Templière du XVIIIème siècle tombera lentement en sommeil. Mais qui dit sommeil, dit, inéluctablement, réveil… 

2020 
Le 13 octobre 2020, lors du convent de Marseille, neuf Chevaliers constituent la Grande Loge Souveraine de France (GLSF), qui adopte le Rite de Stricte Observance Templière, tel que pratiqué entre 1751 et 1772, c’est-à-dire en s’inscrivant pleinement dans l’héritage intellectuel et culturel de l’antique Ordre du Temple. En ce sens, la GLSF entend œuvrer à la réappropriation des valeurs culturelles qui ont fondé notre civilisation, à savoir la spiritualité chrétienne, le glaive romain et la discipline grecque, et a pour objectif de tendre vers le perfectionnement éthique de ses membres, qui est la science qui traite des principes régulateurs de l'action et de la conduite morale. Ces orientations, soumises au vote, sont adoptées à l’unanimité.