L'existence de Dieu


Existence de Dieu

 

  • Titre : L'existence de Dieu
  • Auteur : GLSF
  • Année : 2020

Nous avons, naturellement, quelque connaissance générale et confuse de l’existence de Dieu. Que la vérité soit, en général, cela est évident ; Mais que la vérité première, comme le dit Thomas d’Aquin, ou cause première, comme le dit Aristote, soient, c’est ce qui n’est pas évident pour nous. Tout d’abord, d’où vient le terme « Dieu » ? Étymologiquement, la racine relève du langage commun des peuples européens : le proto-indo-européen. Le terme originel est Deywos, D-E-Y-W-O-S, qui donnera le grec Zeus, puis les noms latins Deus et Dei, puis le français Dieu.
Entrons maintenant dans le vif du sujet...

Selon les tenants de la révélation biblique, l’existence de Dieu est un article de foi et les articles de foi ne se démontrent pas, car la démonstration engendre la science. Or, Dieu, nous ne pouvons pas savoir ce qu’il est, mais seulement ce qu’il n’est pas. Donc, selon eux, nous ne pouvons pas démontrer Dieu. Pourtant, certaines choses invisibles sont rendues visibles à l’intelligence par le moyen de ses effets. Prenons un exemple simple et connu de tous : le vent. Nul ne peut le voir, physiquement, mais ses effets se font clairement sentir, démontrant ainsi de manière indiscutable son existence. Donc, si l’existence de Dieu n’est pas évidente à notre égard, à notre regard, elle peut toutefois être démontrée, par ses effets.
Une démonstration probante peut se réaliser de deux manières : par déduction ou par induction. Par exemple, du terme « équidé », nous pouvons déduire : mammifère, quadrupède, herbivore, sabot, crinière... Par contre, imaginons que nous n’ayons que les termes mammifère, quadrupède, herbivore, sabot, et crinière… Nous pourrions alors induire : « équidé ». Comme l’écrit fort justement Saint Jean dans son Évangile, 1-18, « Personne n’a jamais vu Dieu ». Il est donc impossible de déduire quoi que ce soit de ce que l’on ne connaît pas... L’existence de Dieu, à l’instar du vent cité plus haut, sera donc démontrée par induction.

La première question que nous allons nous poser est la suivante : d’où vient la matière ? D’où vient tout ce qui nous entoure, animal, végétal ou minéral ? En l’état actuel des avancées scientifiques, nous avons temporellement régressé jusqu’au « Big bang ». La théorie du « Big bang » explique que toute la matière existante dans l’univers était compactée en une seule et unique boule, dont la taille n’est pas imaginable, puis que cette boule a explosé, éparpillant la matière dans toutes les directions possibles, créant ainsi l’univers connu. Il serait tentant de s’interroger sur le pourquoi de cette explosion, voire sur le « qui » ou le « quoi » a produit cette explosion. Ce serait en fait du temps perdu, car cette explosion, si formidable soit-elle, n’a eu pour effet que de modifier la forme de la matière existante, passant d’une seule et unique gigantesque boule, à des milliards de planètes, soleils et autres étoiles. Et la question reste la même, d’où vient la matière ? Nous pouvons ainsi régresser à l’absurde, à l’image de l’insoluble question de savoir qui de la poule ou de l’œuf est arrivé en premier... Jusqu’à admettre l’inévitable solution : Il y a eu un acte pur d’intellection, amenant la Création. Cette intelligence créatrice ne peut être qu’immatérielle, sinon, nous en reviendrions à la question initiale : d’où vient la matière ? Et pour que cette intelligence, créatrice et immatérielle, n’ait pas été elle-même créée, il faut qu’elle soit la première, et pour qu’elle soit la première, sans avoir été créée, il faut qu’elle soit éternelle, c’est-à-dire sans commencement, ni fin.

La seconde question, induite par cette dernière phrase, sera donc : Comment démontrer la possibilité de l’éternité ? Le plus simplement du monde. Un de ces soirs, sortez dehors, prenez une minute et regardez le ciel étoilé, puis faites ce simple constat : Il n’y a pas de fin...

La troisième question est de définir quelle est la cause du mouvement. Aristote démontre dans son livre « la Physique » qu’il est nécessaire qu’il existe un « Premier Moteur immobile », qui cause le mouvement de tout l’univers, car, comme il le défini brillamment : « Tout mû est nécessairement mû par quelque chose. » À partir de cette évidence, Aristote monte rigoureusement jusqu’à prouver l’existence du « Premier Moteur immobile » : si tout ce qui est en mouvement est mû par un autre, si cet autre est aussi en mouvement, il doit être mû par un autre à son tour. Et nous retombons sur l’œuf et la poule… Ainsi, pour expliquer l’existence de n’importe quel mouvement il faut arriver à un principe moteur qui n’est pas mû. Principe absolument immobile et premier, qui cause le mouvement de tout l’univers. Au même titre que la démonstration de la création de la matière, en plus d’être immobile, le Premier Moteur est éternel, car si son existence avait un commencement, il aurait besoin d’une cause. Premier mouvement entraînant de fait le commencement du temps ; secondes, minutes, heures, journées, semaines, mois, années, siècles, millénaires, etc...

La quatrième et dernière interrogation est induite par la phrase précédente, à savoir la cause et l’effet. Chaque effet à besoin d’une cause, car chaque effet est la conséquence d’une cause. Et chaque effet devient lui-même cause, en entraînant un nouvel effet. Cette notion de cause et d’effet est parfaitement démontré par l’histoire du papillon qui, battant des ailes d’un côté de la planète, entraîne un ouragan de l’autre côté de la planète, ou, encore une fois, l’œuf et la poule... Ici aussi, l’on peut régresser de cause en effet et d’effet en cause, jusqu’à l’absurde. Sauf à démontrer l’inéluctable existence d’une « cause première », acte pur par excellence.

C’est cette cause première, acte pur d’intellection, intelligence créatrice, immobile et éternelle, que nous appelons : Dieu.