De la Souveraineté


De la Souveraineté

 

  • Titre : De la Souveraineté
  • Auteur : GLSF
  • Année : 2020

« La Loge est souveraine ».
Quel que soit le rite, quels que soient l’Ordre ou l’Obédience, cette évidence est rappelée à longueur de statuts, généraux ou particuliers et, de l’obéissance à la Loi morale d’Anderson au patriotisme bien entendu de Ramsay, ce sont bien là trois valeurs fondamentales de notre civilisation qui sont ici affirmées.
Pourtant, faisant fi de cela, nombre des nôtres ont lentement glissé, ou se sont laissés emporter, vers le « progressisme », qui est au progrès réel ce que le socialisme est au social et le libéralisme à la liberté… un oxymore. Ajoutant la peste au choléra, le progressisme s’est accouplé au mondialisme, accouchant, entre autres, de l’européisme. Le mondialisme étant aux intérêts des patries ce que l’européisme est aux intérêts des peuples d’Europe… un autre oxymore.
Depuis de nombreuses années maintenant, le progressisme mondialisé se nourrit et se construit au prix de la destruction des Etats, donc des nations, donc des peuples. Véritable château de papier bâtit sur du sable, à grand renfort d’idées chimériques et de concepts farfelus, promus par des publicitaires grassement payés et sous influence des campus américains, il fallait, à tout prix, que l’Europe de Mozart et de Platon, de Goethe et de Dante, de Shakespeare et de Molière, se transforme en blockbuster hollywoodien, que nos musées, bibliothèques et cathédrales deviennent des entrepôts pour GAFAM, ou encore des Mcdrive.
Dans son célèbre discours, Ramsay le dit clairement : « Nous voulons réunir tous les Hommes d’un esprit éclairé, de mœurs douces et d’une humeur agréable, non seulement par l’amour des Beaux-Arts, mais encore plus par les grands principes de Vertu, de Science et de Religion, où l’intérêt de la Confraternité devient celui du genre humain tout entier, où toutes les Nations peuvent puiser des connaissances solides et où les sujets de tous les royaumes peuvent apprendre à se chérir mutuellement, sans renoncer à leur Patrie. »
…Sans renoncer à leur Patrie…
C’est pourquoi le mondialisme, pensé comme un Etat global et voulu par des élites cupides, corrompues, incultes et, pour la plupart, athées, va à l’encontre des principes fondamentaux de la Franc-maçonnerie, tels que définis par nos illustres anciens, comme le précisent les obligations de la constitution d’Anderson, commençant ainsi : « Un Maçon est obligé, par sa Condition, d’obéir à la Loi morale ; et s’il comprend bien l’Art, il ne sera jamais un Athée stupide, ni un Libertin irréligieux ». …Ni athée, ni stupide…
En opposition totale avec nos valeurs fondamentales, chaque étape de la construction de cet état supranational, et donc impérial, consiste à évincer la notion de peuple, de Patrie, à soumettre les individus à la pensée unique et globale, à éradiquer la conscience critique et le débat philosophique, à promouvoir sans fin l’illettrisme de nos enfants, à les déraciner en leur faisant oublier qui ils sont et d’où ils viennent. En un mot, à détruire notre civilisation en nous rendant « anywhere », c’est-à-dire de partout, et donc de nulle part, dans un monde liquide et relatif où tout se vaut, où tout est égal, un monde où, in fine, l’éructation d’un rappeur est égale à la 9ème symphonie de Beethoven…

Toutes ces institutions supranationales non-élues posent un problème de démocratie. L’on voit en effet à l’œuvre toute une armada de fonctionnaires, nommés à la Cour de ci ou au Conseil de là, réaliser le plus tranquillement du monde une véritable révolution juridique sans précédent, qui voit la moindre note émise par l’Union européenne supplanter toutes nos juridictions nationales. Avec la collaboration active de nos gouvernants, le peuple est ainsi dépossédé de sa souveraineté par des personnes non-élues, foulant ainsi au pied l’article 3 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, qui stipule « Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. » Chaque Maçon devrait être vent debout contre ce véritable coup d’état, car, au-delà de la déclaration de 1789, l’histoire a démontré que la Patrie est un écosystème viable, utile, permettant un développement équilibré de ses enfants, de son économie de proximité et ayant fourni, jusqu’au grand délitement mondialiste, des personnels politiques de grande qualité, cadres opérationnels de la démocratie et de la solidarité. Pourtant, force est de constater que souffle chez certains l’esprit de Munich, où se mêlent capitulations et renoncements. Pauvres hères qui gesticulent de manière erratique, en tous sens, sans comprendre les enjeux de fond, tel des canards sans tête. Et donc sans cervelle. Et quand les peuples rechignent, renâclent, grognent, quand ils se rendent compte que le mondialisme béat n’a pas accouché de l’amitié entre les peuples, du plein-emploi, de la fin des guerres et finissent, comme le peuple français, par rejeter le soft-totalitarisme progressiste en refusant démocratiquement le Traité constitutionnel européen de 2005, et bien l’on se réunit entre ami, « cercle de la raison » auto-proclamé et l’on vote positivement ledit Traité très majoritairement rejeté par ce ci-mauvais peuple. Exit l’article deux du Titre Premier de la Constitution de la Vème République, qui stipule que le principe de la République est le « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Exit aussi l’article trois, où l’on peut lire que « la souveraineté nationale appartient au peuple, qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum ». Même la plus absolue des monarchies ayant dirigée notre Nation ne s’est permis cela ! La démocratie, exercée comme telle dès la Grèce antique, est un système délicat et fragile, qui implique l’existence d’un peuple en soi, communauté politique de personnes qui, ensemble, prend son avenir en main. La démocratie n’est pas sans défaut, mais elle a un mérite, qui est de donner à l’expression majoritaire d’un peuple une légitimité lui permettant de gouverner, pour une durée limitée et sous le contrôle d’organes de régulation institutionnels, tout en invitant la minorité à se plier, volontairement, à cette légitimité issue des urnes. Ici aussi, tristesse est de constater que nombre de Frères et Sœurs ont soutenu, en silence ou activement, ces actes contre le peuple, ces populicides, aux antipodes, là-aussi, des principes fondamentaux de la Franc-maçonnerie. Tristesse aussi de déplorer le fait avéré que lorsque quelques Frères et Sœurs ont souhaité lancer l’alerte sur cette perte évidente de repères avec nos textes fondateurs, ont voulu débattre, dialoguer, confronter points de vue et analyses, ils ont été traités avec mépris, mauvaise foi, pour certains et certaines tout simplement radiés et, dans tous les cas, réduits « ad hitlerum ». En effet, tout le monde sait que vouloir que sa Patrie soit souveraine et maîtrise sa destinée mène immanquablement à Auschwitz, que vouloir, comme Ramsay, que l’Europe fût des Nations et non fédérale induit la Shoah et que permettre à nos Nations de mener la politique de leur choix fait de nous les pires des Schutzstaffel ! La Maçonnerie contemporaine souffre de pathologies multiples, au premier rang desquelles une crise aigüe du sens des choses, ne percevant plus que de manière diffuse l’objet de son existence. Pour s’en convaincre, il suffit d’ailleurs de demander à la plupart des Frères et Sœurs le pourquoi de leur engagement maçonnique…

L’effondrement éducatif de notre pays est une réalité, comme le démontre le dernier classement PISA, pour Programme international pour le suivi des acquis des élèves, qui, avec le corollaire « Ce que les élèves de 15 ans savent et ce qu’ils peuvent faire avec ce qu’ils savent » nous classait, en 2019, à la 26ème place mondiale sur 70 pays évalués… Notre système éducatif, d’où sont issus tant d’esprits lumineux épris de savoir et de libre-pensée, désormais hanté par un corps enseignant dévalué et politisé, est devenu une usine à produire des citoyens formatés à la pensée unique, imbibés de novlangue progressiste et aux cerveaux programmés au consumérisme immédiat et illimité. L’école de la République exigeante et émancipatrice de la fin du XIXe siècle, axée autour de l’instruction, du mérite et de la promotion d’un collectif national assimilateur a, lentement mais surement, sous les coups de boutoirs de l’idéologie politique intrusive et de l’instrumentalisation des méthodes d’enseignement au service d’une pensée unique individualiste, laissé place à une espèce d’école postmoderne, qui se caractérise par un égalitarisme forcené avec son côté le plus sombre, la discrimination positive, se traduisant logiquement par un nivellement par le bas, nous menant à cette 26ème place. Apprendre à lire, à écrire et à compter ne semble plus être l’objectif premier et initial de l’instruction, il apparait en effet plus important d’imposer à nos enfants des sujets sociétaux, la défense irrationnelle de minorités soi-disant opprimées, une idéologie populicide, l’écologie punitive, etc… Nos enfants et, de facto, notre pays, sont les seules et uniques victimes de cette déliquescence. Et, encore une fois, à l’encontre des textes fondamentaux de la Franc-maçonnerie, prônant d’avoir un esprit éclairé, l’amour des Beaux-Arts, des grands principes de Vertu, de Science et de Religion, nombre de Frères et Sœurs ont accompagné, et pour certains activement participé à cette lente destruction de notre civilisation.

Cependant, certains autres se sont posés cette question : Pourquoi devrions-nous devenir ce que ces gens veulent, au prix de ce que nous sommes ?
« La Loge est souveraine », voilà une vieille idée, un vieux précepte, un ancien et brillant fondamental qu’il nous apparait tout à fait opportun de conserver, de réactualiser et de se réapproprier, au risque de voir la Franc-maçonnerie continuer son lent délitement. Et finir tel un astre mort.
La Grande Loge Souveraine de France entend œuvrer à la réappropriation des valeurs culturelles qui ont fondé notre civilisation, à savoir la spiritualité chrétienne, le glaive romain et la discipline grecque avec, pour fondamentaux organiques de notre action la Souveraineté, la Démocratie et le Mérite. En ce sens, le Chevalier du Temple, soldat chrétien discipliné, grade ultime du Rite de Stricte Observance Templière et synthèse parfaite de la tri-fonctionnalité indo-européenne, Oratores, Bellatores, Laboratores, est la quintessence idéalisée de ces valeurs, de cette éthique, qui est la science qui traite des principes régulateurs de l’action et de la conduite morale et vers lesquelles nous tendons.

Ainsi, les textes fondamentaux de la Grande Loge Souveraine de France s’accomplissent par le chiffre 9 :


Spiritualité Chrétienne Glaive Romain Discipline Grecque
Souveraineté Mérite Démocratie
Oratores Bellatores Laboratores